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Le site de l’Autodrome Drummond subira une importante cure de rajeunissement au cours des prochaines semaines.(Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

Des travaux avant les pratiques à l’Autodrome Drummond

STOCK-CAR. Les pistes de stock-car du Québec ont reçu le feu vert pour tenir des pratiques à huis clos tandis qu’une première course sans spectateurs sera bientôt disputée en Ontario. Pendant ce temps, à l’Autodrome Drummond, le promoteur Yan Bussière entend plutôt profiter de la crise du coronavirus pour se concentrer sur des travaux de réaménagement du site.

Tel que L’Express le laissait entendre dernièrement, le circuit drummondvillois subira une importante cure de rajeunissement au cours des prochaines semaines. Ainsi, de la nouvelle glaise sera ajoutée sur le tracé de la doyenne des pistes sur terre battue au Canada. De plus, quatre nouvelles loges seront érigées à proximité de l’estrade, qui recevra quant à elle un coup de pinceau. De nouvelles clôtures seront aussi installées.

«On a obtenu l’autorisation du gouvernement du Québec pour tenir des pratiques sans spectateurs, mais entretemps, on a réussi à trouver de la glaise. On va recevoir environ 150 voyages de terre. Le chantier va commencer dès demain (jeudi) et se poursuivra pendant un mois. Après, on pourra faire tourner les gars pour qu’ils testent la piste, parce que l’adhérence et l’angle des courbes auront changé», a expliqué Yan Bussière.

«On veut profiter de la situation pour améliorer la piste, a continué le pilote-promoteur. Elle avait perdu de son adhérence avec les années. Elle était devenue abrasive et il y avait beaucoup de roches dans la glaise, ce qui usait les pneus des voitures. Là, on va avoir de la belle glaise de qualité pour les prochaines années.»

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Les gradins de l’Autodrome Drummond seront peinturés. (Photo d’archives, Luc Marin)

Pour arriver à ses fins, Yan Bussière peut compter sur l’appui de nombreux amis de l’Autodrome Drummond. Ainsi, c’est une entreprise de Saint-Simon-de-Bagot, Excavation Laflamme et Ménard, qui fournira la glaise gratuitement. Les Équipements Forcier, de Saint-François-du-Lac, prêteront quant à eux un bulldozer qui sera manœuvré par Mathieu Bardier, un pilote de Pierreville.

En ce qui concerne le projet des nouvelles loges, des habitués de l’Autodrome mettront la main à la pâte afin de transformer deux conteneurs maritimes en espaces accueillants pour les spectateurs. Steve Poirier, Michaël Parent, François Bellemare et Joël Brûlé prêteront main-forte à Yan Bussière.

«Ce sont tous des passionnés de courses qui veulent nous aider à améliorer la place. Tout le monde y met du sien pour que ça marche. On va changer le look de l’Autodrome pour son 70e anniversaire l’an prochain», a affirmé le promoteur, qui évolue que l’ensemble de ces travaux aurait pu lui coûter jusqu’à 100 000 dollars sans l’aide de ses généreux complices.

Déjà les yeux vers 2021

Alors que des pratiques à huis clos (avec distanciation physique dans les puits) seront bientôt disputées à Granby et à Saint-Marcel-de-Richelieu et qu’une première course sans spectateurs s’apprête à avoir lieu à Cornwall (un événement qui sera diffusé en direct sur internet le 6 juin), Yan Bussière ne pense pas que l’Autodrome Drummond présentera un véritable programme en 2020.

«Je n’ai pas les reins aussi solides que les propriétaires de Cornwall ou de Granby. C’est un gros risque financier qu’ils prennent. Pour la première course, l’engouement sera là, mais je ne pense pas que ce sera un succès très rentable par la suite. Les gens aiment l’odeur, le bruit et l’expérience des courses sur place. À la télévision, ce n’est pas la même chose», a fait valoir l’homme d’affaires, qui s’attend à devoir éponger des pertes financières malgré l’aide gouvernementale obtenue récemment.

En dépit de cette incertitude, le promoteur du circuit drummondvillois n’a pas encore annulé officiellement la saison 2020. «Ce serait étonnant, mais le gouvernement pourrait changer d’idée et nous permettre d’occuper les gradins à 50 % de notre capacité par exemple. Il faudrait que ça survienne en juillet, car en septembre, il sera trop tard pour commencer la saison. Les chances sont très minces. Des courses à Drummondville cet été, je n’y crois pas vraiment. On espère plutôt avoir un vrai go pour l’an prochain» a conclu Yan Bussière, qui a dû se contenter de présenter des courses virtuelles sur le web au cours des dernières semaines.

Construite derrière l’hôtel Le Dauphin dès 1951, la piste de l’Autodrome Drummond s’est installée sur le boulevard Saint-Joseph Ouest en 1968. L’ovale d’une longueur de 3/8 de mile peut accueillir environ 4000 spectateurs lors de chaque soirée de courses.