https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/image_article/public/2020-05/franceinter.jpg?itok=Vk2OPbPn
Image d'illustration. Photo ⓒ LODI Franck/SIPA

Débat sur les violences policières : France Inter emprunte le lexique racialiste

by

En réaction aux propos de la chanteuse Camélia Jordana sur les violences policières, France Inter a publié un article dans lequel la parole est donnée à neuf “personnes racisées” qui se reconnaissent en elle. Un terme loin d’être anodin.

Entre racisme et racialisme, la frontière est mince et poreuse. Après que la chanteuse d’origine algérienne a estimé sur le plateau d’« On n’est pas couché » que ceux qui allaient travailler en banlieue se faisaient « massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau », voilà que France Inter, média du service public, se fait dans un article paru mercredi 27 mai le porte-voix des « personnes racisées ». Depuis la polémique, les tweets renvoyant au hashtag #MoiAussiJaiPeurDevantLaPolice se sont multipliés.

Des dictionnaires de sociologie aux cercles militants

Ici, neuf hommes et femmes qui « se reconnaissent dans les propos de Camélia Jordana », comme l’indique le titre, racontent leurs expériences face à la police et leur sentiment vis-à-vis de l’institution, avec plus ou moins de militantisme. Et France Inter de les désigner comme des « personnes racisées », c’est-à-dire, selon la terminaison sociologique si chère à la gauche, victimes d’un processus les assimilant une race déterminée. Un terme d’ailleurs naturellement repris par certaines des personnes interrogées.

« Les personnes racisées sont beaucoup plus sujettes aux contrôles et aux violences que les populations blanches », estime par exemple Mehdi, agent d’accueil, tandis que Kelsi Phung, militant antiraciste franco-vietnamien, du collectif « Décolonisons l’animation », déplore que « les personnes racisées ne se sentent pas en sécurité ». Inclusif au possible envers toutes les minorités, France Inter n’en oublie d’ailleurs pas de le désigner par « iel », contraction de « il » et « elle », du fait de sa non-binarité. 

Le serpent racialiste se mord-il la queue ?

Par l’emploi du terme « racisé », il semblerait donc que le service public cautionne une logique de racialisation de la société, en enfermant les individus dans des catégories prédéfinies. Peu ou prou, finalement, ce dont se plaignent les populations « racisées », qui adoptent le même processus racialiste pour désigner « les blancs » en tant que tel. Faut-il s’étonner du fait que ceux qui dénoncent un racisme d’État de la part de la France soient aussi enclins à fustiger leurs dirigeants « vieux blancs riches », comme ce fut le cas de Camélia Jordana en 2018 ? 

La crainte perpétuelle du racisme mènerait-elle à adopter soi-même des comportements racistes, racialistes ? Si le mot n’est pas nouveau, son apparition sur un organe du service public interroge quant à la pénétration toujours plus forte de la novlangue indigéniste et antiraciste dans les médias.