Comment relancer le secteur de l’automobile ?

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En arrêt d’activité durant près de deux mois, le secteur de l’automobile reprend ses activités petit à petit. Les acteurs du secteur ont leur propre vision pour limiter les dégâts.

Le covid-19 a provoqué une baisse de 50,17% du chiffre d’affaires du secteur automobile et un recul de près de 60% en termes d’emplois. Ces contre-performances ont été révélées par étude menée par la CGEM pour mesurer l’impact de la pandémie sur l’activité. une activité qui compte 335 acteurs, emploie 250.000 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 142 milliards de dirhams dont 60% à l’export. La fédération de l’automobile(FA) a formulé ainsi une batterie de mesures pour redémarrer sur les chapeaux de roue. On compte trois types de mesures :

La FA préconise dans ce sens de renforcer l’intégration locale en profondeur  avec la mise en place d’une prime à la casse pour le renouvellement de véhicules particuliers et utilitaires légers de plus de 30 ans de l’ordre de 30.000 Dhs.  Pour booster l’export, la FA propose une intégration locale des pièces de rechange avec l’instauration d’une série de mesures de soutien à l’intégration locale additionnelle pour les constructeurs automobiles et sourcing. Il s’agit ainsi d’interdire et structurer les importations de pièces de rechanges produites localement et renforcer le contrôle normatif au laboratoire, de mettre en place des quotas à l’importation au lieu des traitements sur dossier, de lister les pièces de rechange à fabriquer localement et les mesures de soutien aux constructeurs automobiles pour s’approvisionner en pièces de rechange “Made in Morocco” aussi bien auprès des concessionnaires au Maroc que pour l’export et subventionner les fabricants de rechange pour leur permettre d’être plus compétitifs à l’export. Les professionnels demandent aussi d’améliorer la commande publique en privilégiant les pièces de rechange fabriquées localement pour le parc automobile public et semi public ainsi que les remplacements pris en charge par les assurances. Il est recommandé également de lier la commande publique avec un niveau d’intégration locale et l’arrêt totale des importations de véhicules d’occasion ou le recours à la surtaxation avec l’application d’un taux de 50% au lieu de 25%. Même recommandation pour l’importation de pièces de rechange d’occasion.  Autre doléances phares : prioriser les investissements publics en interdisant aux compagnies d’assurances d’acheter des pièces de rechange importées pour les remplacements et les réparations et la mise en place des mesures du Contrat Performance GPLC signé et non appliqué.

La FA appelle dans ce sens à l’adoption de mesures pour le financement du secteur  notamment en a assurant en priorité la survie des entreprises existantes par un déblocage immédiat et inconditionnel du dispositif Damane Oxygène, préalable à toute démarche de relance, en accordant des prêts avec 100% de garantie de l’État pour le besoin de fonds de roulement  à court terme, convertible en moyen long terme et prorogeant les impayés clients de 4 mois. il s’agit aussi d’accorder des crédits garantis à 100% par l’État pour financer les achats des intrants et des matières premières , de restructurer les crédits court terme en crédit à LT long terme avec différé,  de mettre en place un Fonds de soutien (public-privé) garanti par l’État intervenant en capital pour faciliter les critères de sélection et l’émergence de champions nationaux automobiles d’envergure.  La FA veut aussi la mise en place d’un dispositif subvention-financement-equity garanti par l’État pour les industriels qui diversifient leurs produits ou leurs gammes Made in Morocco et l’exonération des charges de la CNSS et l’IR à partir de juin jusqu’à décembre 2020 pour le maintien de l’emploi (80%) et des contrats affectés sur le Maroc.

Sur ce volet la FA préconise la révision des critères de déblocage des subventions à l’investissement ,un moratoire sur les Contrats ANAPEC en cours et possibilité de prolonger automatiquement d’un an tous les contrats dont l’échéance expire au 1/05/2020, l’amélioration de l’efficacité énergétique à travers entre autres le recours à un dispositif d’accompagnement pour réduire l’empreinte carbone des véhicules et des pièces, l’ élargissement de la loi 13-09 aux industriels qui opèrent en moyenne tension, la mise en place d’un fonds de soutien pour l’efficacité énergétique dédié au secteur automobile avec subvention minimum 50% et surtout l’encouragement des ventes de véhicules peu polluants (Hybrides, Électriques, Thermiques à CO2) par un bonus écologique allant jusqu’à 30.000 Dhs, une TVA réduite à 10% et l’exonération des frais d’immatriculation. Le processus de mutation doit aussi être simplifié et dématérialisé en urgence puisque selon la FA ce sont 540.000 transactions/an qui échappent aujourd’hui à toute fiscalité. « Cela permettra au concessionnaire de développer une nouvelle activité », note la FA qui insiste par ailleurs sur la prise en charge des coûts de transfert de projets intra-groupes et autoriser l’importation de machines d’occasion.

Rien n’est acquis pour le moment. Le plaidoyer de la FA a été remis à la CGEM pour discussion au niveau du comité de veille économique.