Avec la crise du coronavirus, les arnaques aux placements sont de retour

Fausses sociétés travaillant sur un vaccin, prétendus livrets rentables pour mettre son épargne à l’abri de la crise, etc. L’état d’urgence sanitaire a donné des idées aux escrocs financiers. Le point détaillé sur ces nouveaux pièges, et la façon de se défendre, avec deux spécialistes de la question, invitées de notre émission “Le grand rendez-vous de l’épargne”, enregistrée en mode confiné.


Un milliard d’euros : voilà, selon les autorités, le montant des pertes enregistrées en deux ans par les épargnants français, en lien avec les diverses escroqueries financières dont ils ont été victimes. Selon ces mêmes autorités, les méthodes des aigrefins, qu’il s’agisse de vendre des bitcoin, des diamants, des bovins ou des terres rares, tout en faisant miroiter rendement et sécurité, seraient même en voie “d’industrialisation”. Et encore, c’était avant l’épidémie de coronavirus, qui a vu de nouvelles arnaques apparaître, comme la possibilité d’investir dans des traitements contre la maladie. Certaines ont fait leur grand retour, comme la possibilité de spéculer sur le Forex (le marché des changes) et les options binaires. Sans oublier l’incitation, pratiquée chez certains intermédiaires, à se déclarer investisseur professionnel plutôt que particulier néophyte, de manière à contourner une législation contraignante. Les escrocs ont la tâche d’autant plus facile qu’avec le confinement, les opérations en ligne ou à distance sont devenues la règle. Et que le contexte permet de jouer sur la peur. Alors, comment détecter de tels pièges ? Et, si vous en avez été la victime, quels recours pour vous défendre ? Est-il possible de récupérer son argent ? Réponses avec nos invitées du “Grand rendez-vous de l’épargne”, Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants à l’Autorité des marchés financiers (AMF), et Hélène Feron-Poloni, avocate au sein du cabinet Lecoq-Vallon et Feron-Poloni, spécialisée dans de telles affaires.

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Pour Claire Castanet, il ne faut pas hésiter, au moindre doute, à consulter les registres des intermédiaires financiers non autorisés, régulièrement mis à jour. Comme le rappelle la directrice des relations avec les épargnants de l’AMF, il n’y a pas de portrait-robot de la victime, même si les retraités tombent plus souvent que la moyenne dans de tels pièges. Les escrocs, eux, visent en premier lieu à récolter vos données personnelles, qui leur permettront ensuite de vous inonder de sollicitations diverses. Et si vous avez le malheur de déclencher un premier virement, l’argent part le plus souvent à l’étranger, avant d’être aussitôt transféré vers un second pays, pour brouiller les pistes, et ralentir les éventuelles poursuites judiciaires. Inutile de dire qu’alors, il est extrêmement difficile de récupérer la mise. Comme l’explique Hélène Feron-Poloni, une des stratégies de défense consiste à incriminer sa banque, qui a accepté qu’un tel virement suspect soit effectué. Notamment si, après un premier échec de l’opération transfrontalière, le transfert d’épargne a quand même été diligenté. Si ces mesures sont prises suffisamment vite, il est possible, alors, d’annuler le virement et de rappeler l’argent.

Face à cet afflux de placements suspects, certains privilégieront la très classique Bourse. Mais, comme le souligne Pierre Sabatier, le président du cabinet Primeview, il faudra qu’ils aient le cœur bien accroché. Dans sa rubrique “Coup de cœur, coup de gueule”, notre chroniqueur estime en effet que les hommes politiques pourraient rajouter de l’instabilité sur les marchés financiers, qu’il s’agisse de Donald Trump s’en prenant à la Chine, ou des dirigeants européens, qui risquent de se diviser sur les plans d’aides à déclencher. A l’inverse, selon l’économiste, ceux qui investiront dans les sociétés non cotées pourraient ne pas le regretter. Les gérants de fonds spécialisés en Private equity s’impliquent en effet dans le pilotage des entreprises détenues. Ce qui devrait aider ces dernières à mieux traverser la crise, pour un type de placement qui rapporte, en moyenne, 10% par an.

Enfin, vous retrouverez dans cette émission les réponses de nos experts en patrimoine aux questions des internautes confrontés aux conséquences de la crise sanitaire, questions choisies par notre journaliste Thibaut Lamy. Nathalie Couzigou-Suhas, notaire à Paris, indique ainsi sous quelles conditions il est possible, ou pas, de refuser la succession d’un parent décédé du coronavirus, et qui laisserait trop de dettes. Charlotte Thameur, directrice conseil chez Yomoni, précise comment remercier un enfant qui s’est occupé de soi durant l’épidémie. Enfin, Stéphane Absolu, directeur du pôle expertise patrimoniale chez Cyrus conseil, explique aux bailleurs comment réagir face à un gestionnaire de meublés de tourisme qui, du fait du confinement qui a vidé les résidences de tout occupant, aurait cessé de verser les loyers promis.

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