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AFP

Les scientifiques craignent des incendies «zombies» en Arctique

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Le service européen Copernicus de surveillance de l'atmosphère s'est inquiété mercredi d’«anomalies» de température dans les régions arctiques, craignant l'existence d'incendies «zombies» qui auraient subsisté sous la surface depuis les feux sans précédent de l'an dernier.

Alors que la hausse des température et la multiplication des sécheresses et des canicules liées au dérèglement climatique créent les conditions idéales pour la multiplication des feux à travers le globe, le cercle polaire arctique a été victime en 2019 d'incendies d'une ampleur exceptionnelle.

Par exemple, en juin de l'an dernier seulement, ces feux avaient relâché dans l'atmosphère environ 50 mégatonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles de gaz à effet de serre de la Suède.

Cette année, les scientifiques regardent donc de près ce qu'il s'y passe et «envisagent la possibilité d'incendies zombies en Arctique», selon Copernicus.

Ces incendies «zombies» sont des foyers «qui brûlent lentement sous la surface pendant l'hiver et peuvent remettre le feu à la végétation à la surface au printemps lorsque la neige et la glace disparaissent», explique Mark Parrington, expert du service européen de surveillance de l'atmosphère Copernicus.

L'activité des incendies est pour l'instant «relativement classique» pour ce début de saison.

Mais «nous avons des observations satellites d'incendies actifs qui laissent penser que des incendies zombies ont repris, même si ça n'a pas été confirmé sur le terrain», a commenté M. Parrington.

«Les anomalies sont relativement étendues dans des zones qui ont brûlé l'été dernier», a-t-il ajouté. Si c'est confirmé, dans certaines conditions environnementales, cela pourrait «conduire à des incendies à large échelle et de longue durée encore une fois dans la même région».

Les données actuelles montrent que ces régions subissent déjà des conditions météorologiques particulièrement chaudes et sèches pour la saison. En avril, les températures étaient supérieures à la normale notamment dans le nord du Groenland et dans une grande partie de la Sibérie, selon Copernicus.