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Dario Levantino.(DR)

Pour son premier roman, l’Italien Dario Levantino signe un récit d’initiation très convaincant

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Avec De rien ni de personne, Dario Levantino écrit le récit d’initiation d’un adolescent à Palerme qui découvre l’amour, la poésie, le football et les mensonges des adultes.

C’est l’histoire d’un garçon de 15 ans dont les parents veulent qu’il réussisse. Alors qu’ils vivent dans le quartier populaire de Palerme, ils l’inscrivent au lycée fréquenté par la jeunesse dorée, dans le centre historique de la ville. Il lui faut délaisser son dialecte palermitain pour apprendre l’italien sérieusement, effectuer aussi un long trajet en bus chaque matin en se levant à 6h30. Mais cela ne l’empêche pas de se sentir "comme un morceau de pain sec sur un plateau d’huîtres".

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Même s’il remporte le deuxième prix du concours d’écriture, il mesure combien son quotidien de "chien errant" est différent de celui de ses camarades, qui partent au ski, font du tennis, prennent leur petit déjeuner au bar et ont un accent raffiné. Quand les mères de ses camarades suivent des cours de yoga et sont véganes, la sienne, orpheline provinciale, rêve de monter un atelier de couturières avec une copine...

Générosité et vitalité

Pour faire tomber cette barrière de classe, elle n’a qu’un conseil à lui donner : "Tu ne dois avoir peur de rien ni de personne." Et une voie à lui indiquer : celle de feu son grand-père – dont il porte le prénom, Rosario –, lui qui avait remporté la coupe du meilleur footballeur comme gardien de but.

Muni de ce viatique, le jour où des élèves de sa classe lui demandent de jouer au foot avec eux, Rosario accepte bien vite d’aller dans les cages, alors que jusque-là il ne s’intéressait pas du tout au sport. Du même coup, il découvre la vie cachée de son père, garçon de bonne famille, lui, qui gère un magasin de bodybuilding. Non seulement celui-ci vend des produits interdits aux culturistes, mais il couche avec sa maîtresse blonde dans l’arrière-boutique.

Quand ce dernier lui fait la leçon - "Dans la vie, c’est à qui baise le premier" -, l’adolescent sait de quoi il retourne. Sa rage sera désormais son moteur, et son courage physique son atout déterminant, à l’instar des héros antiques. Pour son premier roman, l’Italien Dario Levantino signe un récit d’initiation très convaincant. Sur une trame chère à Charles Dickens, il offre une histoire pleine de générosité et de vitalité, servie par une verve qui n’est pas sans rappeler celle de sa compatriote Elena Ferrante.

De rien ni de personne, Dario Levantino, traduit de l’italien par Lise Caillat, Rivages, 158 pages, 19 euros.