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Photo AFP

Trump menace de «fermer» les réseaux sociaux

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Donald Trump a menacé mercredi de «fermer» des plateformes de réseaux sociaux après le signalement la veille par Twitter de certains de ses messages comme «trompeurs», une initiative inédite qui n'a pas empêché une nouvelle avalanche de tweets furieux du président américain, reprenant parfois des informations non vérifiées.

• À lire aussi: Twitter signale un tweet de Donald Trump comme trompeur, une première

«Les républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour empêcher qu'une telle chose se produise», a écrit Donald Trump au petit matin.

«Twitter a maintenant démontré que tout ce qu'on disait d'eux (et de leurs autres compatriotes) est correct. Une action de grande ampleur à venir», a-t-il ajouté plus tard, sans précisions.

Souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, Twitter a signalé pour la première fois mardi des messages du président, en ajoutant la mention: «Vérifiez les faits».

Il s'agissait de tweets du milliardaire affirmant que le vote par correspondance était forcément «frauduleux», car sujet aux manipulations. Une question ultra-sensible en pleine année électorale bouleversée par la pandémie de coronavirus, qui fait peser le doute sur les modalités de l'organisation de la présidentielle américaine du 3 novembre.

«Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance», a justifié un porte-parole de la plateforme interrogé par l'AFP.

«Twitter étouffe la LIBERTÉ D'EXPRESSION», avait accusé Donald Trump, dont le compte a plus de 80 millions d'abonnés, avant de revenir à l'attaque mercredi matin.

Si un débat lancinant dure depuis longtemps sur la responsabilité des réseaux sociaux face à leurs contenus, le président américain ne dispose pas des moyens de les fermer tout bonnement.

Le Premier amendement de la Constitution américaine, qui régit notamment la liberté d'expression, «limite considérablement toute action que le président puisse prendre pour réguler les réseaux sociaux», a réagi une avocate de la puissante association des droits civiques ACLU, Kate Ruane.

Il «interdit également clairement au président de prendre une quelconque mesure pour empêcher Twitter de signaler ses mensonges éhontés à propos du vote par correspondance», a-t-elle asséné.

Donald Trump a également accusé les réseaux sociaux d'avoir tenté d'influencer la campagne présidentielle de 2016. «Nous ne pouvons pas laisser qu'une version plus sophistiquée de ça se produise encore une fois», a-t-il tweeté.

Le renseignement américain a accusé la Russie de s'être ingérée dans l'élection qu'il a remportée en 2016.

La désinformation est justement considérée comme particulièrement cruciale par Facebook et les autres plateformes depuis les tentatives de manipulation de cette présidentielle américaine et du référendum sur le Brexit, en 2016.

Twitter n'a en revanche pas agi contre d'autres messages au vitriol de Donald Trump publiés ces derniers jours, dans lesquels il relaie une théorie du complot infamante contre le présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough.

M. Scarborough fut l'ami de Donald Trump avant de le critiquer ouvertement à l'antenne.

Plusieurs sites et blogues obscurs alimentent depuis des années l'idée selon laquelle M. Scarborough, alors élu républicain, aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2001, sans aucun élément tangible à l'appui.

Son veuf avait imploré Twitter la semaine dernière d'agir pour empêcher Donald Trump de relayer des «mensonges maintes fois démentis».

«Je vous demande d'intervenir parce que le président des États-Unis s'est approprié quelque chose qui ne lui appartient pas: la mémoire de mon épouse disparue, et l'a pervertie par calcul politique», a écrit Timothy Klausutis.

Le patron de Twitter Jack Dorsey n'a pas réagi publiquement, le réseau social n'a pas supprimé les tweets incriminés.... Et le président a de nouveau fait allusion mercredi à l'«affaire non élucidée» qui inquiéterait «Joe Scarborough le Psycho».

Donald Trump relaie régulièrement des théories complotistes, même s'il a été établi qu'elles étaient fausses, partiellement ou totalement.

L'ex-magnat de l'immobilier avait ainsi été l'un des premiers à colporter une rumeur assurant que Barack Obama était né au Kenya et que son élection était donc illégitime.