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A la Gare Centrale de Bruxelles, le hall des pas perdus est quasiment désert à l'heure de pointe
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Sur cinq passagers, il en manque quatre

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Depuis trois semaines, sauf exception, les trains ont retrouvé leur cadence habituelle. Du moins sur les lignes intérieures.

Et pourtant, quelques uns roulent à vide ou quasiment. Même aux heures de pointe, la fréquentation est inhabituellement basse.

Chaque jour de la semaine, 181.000 voyageurs montent dans un train, pour 900.000 en février encore. Quatre passagers sur cinq manquent donc à l'appel.

En cause, certainement: le chômage temporaire (souvent partiel) d'un million deux cent mille travailleurs, une certaine inquiétude à emprunter les transports en commun, avec la contrainte du port du masque. "Et puis, ajoute Elisa Roux, porte-parole de la SNCB, le gouvernement continue à privilégier le télétravail et donc, la SNCB demande de limiter les voyages aux déplacements indispensables et non pour le loisir."

Un seul guichet ouvert

Parcourir le hall des pas perdus, les couloirs et les quais de la Gare Centrale de Bruxelles à une heure de pointe (17-18 heures) est révélateur de cette désaffection provisoire. Dix fois moins de voyageurs, deux fois moins d'agitation et un seul guichet ouvert.

A 17h32, les portes d'un long convoi à double étage s'ouvrent à la voie trois, direction Liège-Welkenraedt. Comptons les passagers par porte... Trois? Allez: quatre tout au plus.

"Et vous verrez qu'à l'intérieur, tout le monde se répartit très civiquement", indique une voyageuse. "Personne ne se colle à son voisin ou à sa voisine, personne ne s'assied sur la même banquette. Les accompagnateurs ne contrôlent pas les billets, mais bien le respect de certaines obligations.

Chacun joue le jeu

Lætitita a été interpellée très diplomatiquement parce qu'elle buvait de l'eau, ayant forcément retiré momentanément son masque: "le trajet dure une heure...Mais depuis lors, je bois un bon coup avant d'entrer en gare et attend la sortie de la suivante pour m'hydrater à nouveau."

Ce n'est que depuis quelques jours qu'elle a vaincu ses réticences à remonter dans un train: "et je conseillerais à ceux et à celles qui hésitent encore, à emprunter les transports en commun, parce que ça réduit l'empreinte carbone. C'est toujours important de le faire, même en cette période. Les normes sont mises en place. Les gens jouent le jeu."

Et s'il y avait progressivement plus de monde? Difficile d'encore maintenir les distances physiques à bord, malgré le maintien des convois longs et quelquefois à double étage...

"Nous suivons les indications du gouvernement fédéral, conclut la SNCB et nous insistons encore sur les autres mesures barrières, dont le port du masque dès l'entrée en gare.