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Crédits : Virgin Orbit

Le premier lancement d’une fusée larguée depuis un 747 échoue

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Alors que SpaceX et la NASA se préparent pour une mission historique, la société Virgin Orbit n’a pas réussi à atteindre l’orbite basse de la Terre lors de sa première tentative de lancement opérée le 25 mai. Pour rappel, il est question d’une fusée larguée depuis un 747.

Contrairement aux autres entreprises, privées ou publiques, qui font décoller leurs fusées de manière classique, à la verticale, Virgin Orbit vise un tout autre type de lancement, dit “aéroporté”. Grossièrement, la fusée est accrochée sous l’une des ailes d’un Boeing 747-400 transformé en lanceur. Une fois l’avion arrivé à 10 000 mètres d’altitude, il largue la fusée qui déclenche en même temps ses moteurs dans le but de rejoindre l’orbite basse de la Terre.

Un premier essai avorté

Ce lundi 25 mai, l’entreprise avait pour objectif de lancer sa première fusée, baptisée LauncherOne, depuis l’aéroport de Mojave dans le désert de Californie, aux États-Unis.

L’avion “Cosmic Girl” de la compagnie a bel et bien décollé à 14 h 56, heure de l’Est. Après un vol de 54 minutes vers la zone de lancement désignée, près des îles Anglo-Normandes, l’avion a ensuite libéré la fusée comme prévu. Malheureusement, Virgin Orbit a tweeté quelques instants plus tard que, même s’il y avait eu une libération réussie de la fusée, la mission avait finalement échoué quelques minutes plus tard.

La fusée LauncherOne n’a donc pas réussi à atteindre l’orbite terrestre. Un communiqué publié par la société évoque pour le moment une simple “anomalie” entraînant l’arrêt du moteur NewtonThree alimentant le premier étage de la fusée. Des analyses permettront de comprendre pourquoi ce lancement a mal tourné. Les ingénieurs pourront alors corriger le tir en prévision d’une seconde tentative.

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L’avion Cosmic Girl transporte la fusée LauncherOne lors de la mission de lancement de démonstration opérée le 25 mai 2020. Crédits : Virgin Orbit via Twitter

Virgin Orbit avait prévenu au départ qu’il serait difficile d’atteindre l’orbite lors d’un premier lancement, notant que, d’après les données historiques, seuls 50% des premiers lancements de nouveaux véhicules ont été couronnés de succès. Une situation que connaît d’ailleurs très bien Elon Musk, qui a immédiatement partagé un message sur Twitter au sujet de ce test avorté : « Désolé d’entendre cela. [Atteindre, NDLR] l’orbite est difficile. Il nous a fallu quatre essais avec Falcon 1 ».

Un marché en plein essor

Pour rappel, le LauncherOne est un lanceur aéroporté développé dans le but de placer de petits satellites en orbite basse (charge utile d’environ 500 kg). La concurrence est déjà rude dans ce domaine. La société Rocket Lab, notamment, propose les mêmes services avec son booster Electron, tout comme SpaceX avec son lanceur Falcon 9.

Mais la stratégie de lancement aérien de Virgin Orbit pourrait, à terme, permettre à la société de se démarquer en proposant davantage de flexibilité. « Nous pourrons voler dans l’espace à partir de n’importe quel endroit pouvant accueillir un 747. Autrement dit, de presque n’importe où, avait souligné il y a quelques mois Dan Hart, PDG de Virgin Orbit. Et nous pourrons aller sur n’importe quelle orbite ».

Virgin Orbit compte déjà un certain nombre de clients, dont la NASA, l’US Air Force et la UK Royal Air Force, avec des contrats déjà signés. En revanche, on ne sait pas quand la société sera prête à commencer ses missions opérationnelles. Il est néanmoins prévu de réaliser une autre tentative de vol sous peu, même si aucune date n’a encore été communiquée.

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