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Benjamin Roduit, conseiller national (PDC) [Sabine Papilloud]

Ce qui barre la route fait faire du chemin: le billet de Benjamin Roduit

Après un temps d’arrêt démocratique, la politique reprend vie un peu partout, surtout à Berne. Nos élus aux Chambres fédérales prennent la plume pour rendre compte de leur travail et donc de vos préoccupations. Loin du perchoir, entre la session extraordinaire qui vient de s’achever et celle qui débute en juin, ils s’installent, un temps, à notre Tribune libre. Un rendez-vous à retrouver le mercredi et le vendredi. Aujourd’hui, le conseiller national Benjamin Roduit (PDC).

C’est avec cette pensée positive, lue chez un auteur, que je me suis rendu hier à Bern Expo pour ma séance de commission de la santé et des affaires sociales. Au menu: l’application de traçage du coronavirus, le supplément de budget pour l’assurance chômage, des projets pilotes pour tenter de freiner les coûts de la santé. Autant de sujets qui nous obligent, en situation exceptionnelle de crise, à faire preuve de créativité.

Paradoxalement, on parle bien plus dans les médias des risques pour la protection des données de chacun que des 14,2 milliards destinés à éviter pour tous un gouffre béant dû au chômage partiel. Il est vrai que les milliards consentis par la Confédération, l’équivalent d’une année de budget, donnent le tournis et on préfère se raccrocher à ce que l’on croit connaître, sa liberté.

C’est cette même liberté qui pousse parfois à critiquer le semi-confinement décidé par le Conseil fédéral, à s’imposer comme expert en pandémie sur les réseaux sociaux ou encore à braver à l’heure de l’apéro l’interdit des 2 mètres et du rassemblement de cinq personnes.

Et pourtant, cette crise, c’est du sérieux. Qui en Valais n’a pas pleuré la perte d’un proche due à ce vicieux minuscule virus? Qui n’a pas tremblé pour son entreprise, son emploi ou son revenu? Qui n’a pas soupiré depuis son balcon face à nos sublimes paysages désertés?

Vous savez, notre système est bon. Il fonctionne, il n’a rien à envier aux autres nations et il résiste aux crises. Surtout, il se veut souple. On l’a vu, les recettes miracles n’ont pas résisté au coronavirus: le libéralisme aux relents individualistes, le nationalisme et sa fermeture des frontières, l’écologie d’une décroissance déshumanisée ou encore l’utopie d’un Etat providence se sont heurtés aux remises en question d’un quotidien devenu incertain.

Mais nos institutions bien pensées et stables nous permettent de bonnes choses: relancer l’économie par une aide ciblée à tous ceux qui innovent et favorisent l’emploi; renforcer notre identité par la promotion d’une consommation locale de produits savoureux; préserver l’environnement par un encouragement aux énergies renouvelables, propres et indigènes, l’hydroélectricité en tête; renforcer la solidarité sociale par une aide aux familles et une meilleure gestion du travail.

Evidemment, ces propositions sont mesurées, trop centristes pour certains, peu spectaculaires. Mais peu importe, si cela nous aide à poursuivre le chemin.