Hong Kong : tensions autour du Parlement avant un débat sur l'hymne chinois

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La police antiémeute de Hong Kong, qui a été déployée, mercredi 27 mai, autour du Conseil législatif, le Parlement local, a tiré des billes de gaz poivré sur des manifestants prodémocratie rassemblés avant l'examen d'un projet de loi criminalisant tout outrage à l'hymne national chinois.

Une petite centaine de manifestants qui scandaient des slogans au moment de la pause déjeuner dans le quartier commercial de Central ont été dispersés par la police, qui a tiré de multiples billes de gaz irritant dans leur direction, ont constaté des journalistes de l'AFP présents sur place.

Le texte visant à encadrer l'utilisation de l'hymne national chinois prévoit des peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement et des amendes pour toute personne "insultant" l'hymne. Il est présenté au Parlement en deuxième lecture, avant une promulgation attendue le mois prochain.

Des centaines de policiers antiémeute ont pris place aux abords du Conseil législatif et un mur de deux mètres composé de barricades en plastique remplies d'eau a été érigé autour du bâtiment.

En plusieurs autres points de la ville, des contestataires ont utilisé des poubelles et divers objets pour bloquer les routes, tandis que les réseaux sociaux bruissaient d'appels à des manifestations en différents lieux plus tard dans la journée.

Tensions autour d'un projet de loi de sécurité nationale

Ce débat au Parlement intervient dans un contexte de tensions : les manifestations prodémocratie ont repris à Hong Kong après la présentation la semaine dernière par la Chine d'un projet de loi de sécurité nationale destiné à lutter contre les activités sécessionnistes, subversives et terroristes ainsi que contre les ingérences étrangères.

Les contestataires dénoncent une manœuvre de Pékin pour limiter les libertés qui ont permis à Hong Kong de devenir un incontournable carrefour financier.

Une importante manifestation, la plus vaste depuis l'instauration du confinement destiné à lutter contre l'épidémie de coronavirus, a eu lieu dimanche. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les contestataires.

La cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, a déclaré mardi que le projet de loi de sécurité nationale étudié par Pékin ne nuirait pas aux droits et aux libertés à Hong Kong.

De son côté, le président américain Donald Trump s'est une nouvelle fois montré menaçant envers Pékin. Sans entrer dans les détails, le président américain a déclaré mardi qu'il se préparait à engager cette semaine une action contre la Chine en raison de la volonté de celle-ci d'imposer une loi de sécurité nationale à Hong Kong.

Avec Reuters