Il est temps de faire fermer les abattoirs

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Trois nouveaux clusters de cas de COVID-19 sont apparus en France, en Vendée, dans le Loiret et dans les Côtes-d’Armor, et à chaque fois, ce sont des abattoirs qui sont en cause. Ceci n'est malheureusement pas surprenant. Ces lieux, dans lesquels des employés sont forcés de travailler des heures durant, à forte proximité les uns aux autres, et dans des conditions insalubres – sur des sols et chaînes d'abattage souillés de sang, d'urine et d'autres liquides biologiques – sont propices à la propagation de maladies.

Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, 4% des salariés de l’industrie de la viande ont été infectés par le nouveau coronavirus, avec plus de 17 000 cas recensés et 66 décès dénombrés. Malgré cela, ces lieux dangereux continuent d'opérer, mettant non seulement les employés eux-mêmes à risque de contracter la maladie, mais aussi leurs familles et toute personne entrant en contact avec eux.

Cela alors que la production de viande est tout sauf « essentielle ». Bien au contraire, en plus d'être cruelle envers les êtres sensibles qu'elle élève et tue pour le profit, elle détruit la planète et gaspille ses ressources naturelles, et la consommation de viande augmente également notre risque de souffrir de maladies cardio-vasculaires, de diabète et de certains cancers.

On sait par ailleurs que c'est justement notre appétit pour la viande qui a causé l'émergence du COVID-19, qui aurait trouvé son origine dans un marché d'animaux vivants et morts. Et il ne s'agit pas de la première zoonose (maladie issue d'animaux) qui a frappé la population humaine ces dernières années : le SRAS, l'Ebola, les grippes porcines et aviaires, la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) dite maladie de la « vache folle » proviennent tous de la consommation d'animaux. Selon les Centres américains de contrôle et de prévention, environ 75 % des maladies infectieuses récemment apparues chez l'humain sont zoonotiques.

À une époque où nous devons tout faire pour freiner la propagation du coronavirus et éviter l'émergence de nouvelles pandémies, il est impensable que l'industrie de la viande continue de parquer des animaux par milliers et de les mener à leur mort, et de forcer des ouvriers à travailler dans des conditions si dangereuses pour leur santé.

Rappelons que les ouvriers d'abattoirs ont déjà un quotidien difficile. De nombreux témoignages mettent au jour une cadence infernale, un environnement exténuant, sale et assourdissant, le développement de douleurs chroniques et de troubles musculo-squelettiques et des salariés privés de congés payés pour des maladies professionnelles et contraints à se tourner vers l'alcool et les drogues pour limiter leurs douleurs physiques et psychologiques.

Selon le journaliste Geoffrey Le Guilcher, infiltré dans un abattoir breton pendant six semaines, les souffrances humaines et animales dans l'industrie de la viande sont « indissociables ». Le rythme punitif imposé aux « tueurs » et aux « saigneurs » fait que nombreux sont les animaux mal étourdis ou qui se réveillent avant d'être égorgés, et subissent leur mort violente en pleine conscience. S'ajoute à cela le risque aujourd'hui de tomber malade du nouveau coronavirus, voire d'en mourir.

Entre le calvaire des animaux qui se font trancher la gorge pour que nous consommions leur chair, les ouvriers forcés de manier le couteau et les pathogènes florissant dans ces conditions, les abattoirs sont de véritables lieux d'épouvante.

Il est grand temps de les faire fermer et de se tourner vers la production d'aliments végans. Aujourd'hui tout nous montre qu'une alimentation végétale est la plus saine, sure et respectueuse de la planète, des humains et des autres animaux.