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Villas-Boas, plus belle la vie ?

Villas-Boas, plus belle la vie ?

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À la suite d’un énième retournement de situation, André Villas-Boas semble finalement parti pour honorer sa deuxième et dernière année de contrat sur le banc de l’Olympique de Marseille. Si la nouvelle a de quoi ravir les supporters marseillais sur le plan sportif, elle interroge en interne, alors que la guerre d’ego entre le coach portugais et son président Jacques-Henri Eyraud est ouvertement déclarée.

Son sort apparaissait scellé. Quelques jours après le départ d’Andoni Zubizarreta – à l’origine de sa venue à Marseille – et une offre de prolongation de contrat jusqu’en 2023 refusée, André Villas-Boas semblait déjà bien loin de la Canebière et plongeait tout un club dans l’impasse. Le bras de fer était engagé entre des dirigeants quasiment incapables d’assumer financièrement le licenciement d’un entraîneur qui émarge à près de quatre millions d’euros à l’année d’un côté, et un coach indisposé à démissionner et donc s’asseoir sur une telle somme de l’autre. Mais dans un revirement de situation digne de ceux que la ville est habituée à connaître dans la série Plus belle la vie, le Portugais est venu arranger tout le monde ce lundi, en prenant un virage à 180 degrés. Le changement de cap est radical : il souhaite finalement rester à l’OM et aller au bout de son contrat qui prendra fin à l’été 2021.

Une vraie histoire d’amour entre AVB et ses joueurs

Si le technicien lusitanien s'est entretenu à plusieurs reprises au téléphone avec son propriétaire Frank McCourt (avec qui il garde encore de bonnes relations), sa décision, aussi surprenante soit-elle, a surtout été motivée par un soutien sans faille de son effectif. Conscients que la belle saison olympienne, terminée à la deuxième place de Ligue 1, est due en grande partie au travail fourni par leur coach, tous les joueurs lui ont tour à tour manifesté des marques d’affection et de support ces dernières semaines. « On lui a tous dit qu’on l’aimait, qu’on voulait continuer avec lui. On ne l’a pas supplié, mais presque » , confiait même l’un d’entre eux à RMC Sport lundi soir. L’ancien homme fort de Chelsea et de Tottenham est également touché par l’amour qui lui est porté par l’ensemble des supporters et de la ville dans sa globalité.

Sur le plan sportif, aucun doute : il s’agit certainement de la meilleure nouvelle possible pour les Phocéens. Malgré les départs de Luiz Gustavo, Lucas Ocampos ou encore Mario Balotelli l’été dernier, la longue blessure de Florian Thauvin et des moyens pourtant limités, le Portugais a permis à l’Olympique de Marseille de retrouver la Ligue des champions pour la première fois depuis la saison 2013-2014. AVB va donc tenter de surfer sur cette belle saison pour vivre une tout aussi jolie épopée européenne avec son groupe. Il aurait d’ailleurs été compliqué pour l’OM de trouver un coach aussi performant à moindre frais, en cas de départ précipité. Ce revirement de situation permet également aux dirigeants, Jacques-Henri Eyraud en tête, de s’acheter une forme de paix sociale avec les supporters. Au moins provisoirement...

Le futur effectif pose question

De fait, tout n’apparaît pas si rose au-dessus de l’horizon ciel et blanc, à commencer par la relation entre Villas-Boas et son président. Publiquement agacé par l’arrivée de Paul Aldridge dans l’organigramme marseillais en janvier sans en avoir été informé, puis par le départ de son directeur sportif, le coach de 42 ans pourrait l’être encore davantage lors du prochain mercato. En quête d’au moins 60 millions d’euros, l’OM sera dans l’obligation de vendre certains de ses cadres. Les mêmes qui ont pourtant imploré le Portugais de rester sur le banc. Boubacar Kamara et Morgan Sanson semblent notamment avoir la plus grosse valeur sur le marché aujourd’hui. Dans le rouge financièrement, les Marseillais ne pourront, du même coup, pas faire d’excès dans le sens des arrivées. Si le natif de Porto a visiblement eu certaines garanties de la part de ses dirigeants, nul ne sait si ces derniers pourront véritablement les tenir. Et encore moins si le technicien acceptera de jouer à fond la Coupe d'Europe avec un effectif fragilisé, tant quantitativement que qualitativement.