Twitter signale des tweets "trompeurs" de Donald Trump, qui s'emporte

by

C'est une première. Twitter a signalé, mardi 26 mai, des messages de Donald Trump considérés comme "trompeurs". Le réseau social, souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, a ajouté une mention "Vérifiez les faits" à deux tweets du milliardaire républicain, qui affirmait que le vote par correspondance était nécessairement "frauduleux".

"Il n'y a PAS MOYEN (ZÉRO !) que le vote par correspondance soit autre chose que substantiellement frauduleux", avait tweeté le président américain dans la journée, avant de s'en prendre au gouverneur de la Californie, qu'il accuse de distribuer des bulletins à tous les habitants et de leur dire "pour qui voter". Pour rétablir la vérité, sous ces deux tweets s'affiche désormais la mention "Obtenez les faits sur le vote par correspondance", qui renvoie à un résumé des faits et à des articles publiés dans la presse américaine.

Le président américain n'a pas tardé à réagir. "Twitter interfère avec l'élection présidentielle de 2020. Ils disent que ma déclaration sur le vote postal est incorrecte, en se basant sur des vérifications des faits par Fake News CNN et l'Amazon Washington Post", a-t-il lancé. "Twitter étouffe la LIBERTÉ D'EXPRESSION", a-t-il ajouté.

"Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance", a justifié un porte-parole de la plateforme interrogé par l'AFP.

"S'il vous plaît, effacez ces tweets"

Mais Twitter n'a pas agi contre d'autres messages au vitriol de Donald Trump publiés mardi matin, dans lesquels il relaie une théorie du complot infamante. Le président s'attaque régulièrement au présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough, ancien homme politique qui fut son ami avant de le critiquer ouvertement à l'antenne. Plusieurs sites et blogs ont entretenu l'idée selon laquelle Joe Scarborough, alors élu républicain, aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2011, sans aucun élément tangible à l'appui.

Le veuf de cette femme a fini par écrire au patron de Twitter, Jack Dorsey.  "S'il vous plaît, effacez ces tweets", a demandé Timothy Klausutis, dans cette lettre relayée par plusieurs médias américains mardi. "Ma femme mérite mieux que ça." "Je vous demande d'intervenir parce que le président des États-Unis s'est approprié quelque chose qui ne lui appartient pas : la mémoire de mon épouse disparue, et l'a pervertie par calcul politique", a-t-il poursuivi. Mardi, Jack Dorsey n'avait pas réagi publiquement à cette demande et les tweets incriminés n'avaient pas été supprimés.

>> À lire : "Bataille des publicités politiques : Facebook donne raison à Trump et ses partisans"

Il y a deux semaines, Twitter a renforcé ses règles pour lutter contre la désinformation sur la pandémie. C'est la première fois que ces règles sont appliquées au président américain. Les réseaux sociaux se voient régulièrement reprocher d'appliquer des politiques à deux poids deux mesures dans leur lutte contre la désinformation. Facebook, notamment, a pris la décision controversée de ne pas soumettre au "fact-checking" par des tiers (vérification des faits) les propos tenus par des personnalités politiques. Twitter, de son côté, a réglé une partie du problème en interdisant les publicités à caractère politique.

Avec AFP