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On interdit aux élèves et au personnel scolaire d’utiliser des ventilateurs à cause de la COVID-19.Photo: Marie-France Coallier Le Devoir

Les ventilateurs seront finalement permis dans les écoles, mais à plusieurs conditions

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Les ventilateurs seront finalement permis dans les écoles, temporairement, et à plusieurs conditions.

Mercredi, le sous-ministre de l’Éducation, Eric Blackburn, a envoyé une directive claire à l’ensemble des commissions scolaires et des établissements d’enseignement privés.

Il a d’abord reconnu dans sa missive que les journées chaudes risquaient d’être de plus en plus fréquentes d’ici la fin de l’année scolaire.

« Sachez que le niveau de risque lié à l’utilisation des ventilateurs et climatiseurs portatifs apparaît faible en milieu scolaire », a-t-il annoncé à l’ensemble du réseau.

Cette mise au point survient après que des syndicats du secteur de l’enseignement eurent sonné l’alarme dans plusieurs régions du Québec, où les consignes des santés publiques régionales étaient disparates.

Dans la plupart des régions, il était interdit d’utiliser des ventilateurs dans les classes et même parfois d’ouvrir les fenêtres. De façon générale, on craignait la dispersion de gouttelettes contenant la COVID-19 dans l’air.

En entrevue mercredi, le président de Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, a soutenu que les élèves et le personnel scolaire vivaient une situation « infernale ».

« Ça devient des fourneaux, des fours à convection, a-t-il décrié. Dans beaucoup de cas, il y a des fenêtres qui ne s’ouvrent pas en raison de l’âge des bâtiments.

« Les profs apportent même des friandises glacées pour baisser la température des élèves », a-t-il illustré.

Les écoles peuvent dorénavant utiliser des ventilateurs ou des climatiseurs (portables, de fenêtre, « split ») « en évitant de diriger le flux d’air sortant vers les visages des enfants et de l’enseignant », selon la nouvelle directive.

En outre, il faudra effectuer l’entretien des ventilateurs sur pied ou des climatiseurs « de façon régulière, ainsi qu’au moment de leur installation ou de leur retrait » en fonction des consignes du fabricant.

On avertit également que « lorsque la période de chaleur accablante sera terminée, il faudra remettre en œuvre l’application des recommandations concernant la ventilation ». L’aération naturelle devra alors être privilégiée.

Le sous-ministre a invité les écoles à :

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) s’est réjouie mercredi de la diffusion d’une seule et unique directive pour tout le réseau.

Sa présidente, Josée Scalabrini, a affirmé en entrevue que cela avait nécessité beaucoup de travail de la part des principaux acteurs en éducation.

« Il aura fallu que chaque syndicat intervienne avec son centre de services, que les centres de services interviennent auprès du ministère et que le national intervienne auprès du ministre pour qu’on dise : ça n’a pas de bon sens », a-t-elle déclaré.

Chaleur dans les CHSLD : « on joue avec la vie du monde », accuse QS

Par ailleurs, la chaleur dans les CHSLD continue d’alarmer les partis d’opposition, qui sont revenus à la charge, mercredi.

Québec solidaire (QS) a accusé le gouvernement Legault de n’avoir « rien fait » en prévision des premières canicules. « C’est grave parce qu’on joue avec la vie du monde », a déclaré le député de QS Vincent Marissal.

« Ces gens-là vivent dans des situations pitoyables. Et là, en plus, on va les faire mourir de chaleur parce que quelqu’un, quelque part, n’a pas allumé que l’été allait revenir », s’est-il indigné.

Le porte-parole du Parti québécois (PQ) pour les aînés et les proches aidants, Harold LeBel, a dénoncé des « situations catastrophiques » dans les CHSLD.

Pourquoi la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, n’a-t-elle pas anticipé le problème ? a demandé le député libéral André Fortin.

« M. le Président, est-ce […] qu’il aurait installé des ventilateurs et des climatiseurs au mois d’avril, dans les CHSLD, alors qu’on n’avait aucun avis d’un expert, qu’on n’avait pas l’aval de la santé publique, qu’on ne savait pas si le virus pouvait se propager par la ventilation ? » s’est défendue la ministre Blais en Chambre.

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