https://www.abcbourse.com/img/e13f031bf2f738ae80e9d3df0c8b57c93aab4e1d.jpg
Le président du conseil régional de Bretagne Loïg Chesnais-Girard à Rennes le 1er juillet 2017 (AFP/Archives/GEOFFROY VAN DER HASSELT)

Bretagne: les élus régionaux interpellés par des journalistes sur l'agroalimentaire

by

Plus de 250 journalistes demandent au Conseil régional de Bretagne de contribuer à garantir une information "libre" sur la question de l'agroalimentaire dans la première région agricole française ainsi qu'à la création d'un "observatoire de la liberté de la presse".

Dans cette lettre rendue publique lundi, les signataires, qui travaillent majoritairement pour des médias nationaux, demandent à l'institution régionale de "contribuer à garantir une information et une parole publique libres sur les enjeux de l'agroalimentaire en Bretagne".

Ils lui demandent également "expressément de contribuer à la création d'un observatoire régional des libertés de la presse".

Il s'agit, précisent-ils, "de réunir les conditions d'une information transparente et intelligible par tous les Breton-nes" et de "permettre l'écoute et la protection de journalistes qui viendraient à être inquiété-es pour leurs travaux".

Cette demande vient en réponse à la décision des "ministères de l'Intérieur et de l'Agriculture (qui) ont impulsé la création des observatoires départementaux de +l'agribashing+", indique cette lettre.

Dans un communiqué, le président du Conseil régional répond positivement à toutes les demandes formulées. "Oui, je suis d’accord pour contribuer à garantir une information et une parole publique libres, sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne, comme sur n’importe quel autre sujet", y affirme notamment Loïg Chesnais-Girard (PS).

"Oui, je suis disponible pour accompagner la création d’un observatoire régional indépendant des libertés de la presse. La liberté de la presse est un droit constitutionnel non négociable et je m’engage à participer, à mon niveau, au démantèlement de toutes les autocensures qui empêchent les journalistes de travailler sereinement", y écrit-il également.

Peu après, le député LR des Côtes-d'Armor Marc Le Fur a reproché au président de la région Bretagne de "courber l’échine devant le lobby écolo-parisien", dans un message sur Twitter.

https://www.abcbourse.com/img/374505174169de6cf96da0ca1781175babaa4012.jpg
Des algues vertes à Plonevez-Porzayen dans le Finistère le 19 septembre 2010 (AFP/Archives/FRED TANNEAU)

La lettre ouverte des journalistes intervient dans un contexte de tension croissante en Bretagne, depuis une quinzaine d'années, entre les syndicats agricoles majoritaires (FNSEA et JA) et les associations environnementales, appuyées notamment par les défenseurs d'une agriculture davantage respectueuse de l'homme et de la nature. Cette tension s'est notamment manifestée à propos du phénomène des algues vertes qui polluent certaines côtes bretonnes depuis plus de 40 ans et plus récemment sur l'usage des pesticides à proximité des habitations.

Elle s'est cristallisée ces derniers mois autour de la journaliste indépendante Inès Léraud qui a longuement enquêté sur l'agroalimentaire en Bretagne, notamment sur les effets dramatiques subis au plan sanitaire par des salariés de ce secteur.

Inès Léraud a publié l'an dernier avec Pierre Van Hove une bande dessinée, intitulée "Algues vertes, l'histoire interdite", vendue à plus de 45.000 exemplaires. Une invitation à participer à un salon littéraire à Quintin (Côtes-d'Armor) avait été annulée à la demande, selon le Canard Enchaîné, d'un élu de la commune, salarié de la Chambre d'agriculture.

Par ailleurs, un industriel breton a déposé une plainte contre la journaliste pour diffamation à la suite d'un article à son sujet.

Une pétition ainsi qu'un collectif de soutien ont été lancés pour soutenir la journaliste.

© 2020 AFP