https://d1ck6dlp32n1hb.cloudfront.net/media/image/97/normal_16_9/417001568_highres.jpg
Le joueur de Lugano Christian Colombo réussit à passer la défense des "Nerazzurri". (Archives)KEYSTONE

Football – Les grandes soirées des clubs suisses: en 1995, Lugano élimine l’Inter à San Siro

Trois fois par semaine et jusqu’à fin mai, on vous propose de revivre un match de légende d’un club de football suisse en Coupe d’Europe. Ce lundi, on replonge en 1995, lors du premier tour de la Coupe de l’UEFA entre Lugano et l’Inter Milan.

Comme le FC Zurich quatorze ans plus tard, le FC Lugano a écrit la plus belle page de son histoire dans la cathédrale de San Siro. Le 26 septembre 1995, les Tessinois renversaient la table face à l’Inter.

Après avoir partagé l’enjeu 1-1 au Cornaredo lors du match aller de ce premier tour de la Coupe de l’UEFA, le FC Lugano de Roberto Morinini s’imposait 1-0 à Milan grâce à une réussite de Jose Carrasco à la 85e minute. Déjà buteur à l’aller sur un corner direct pour répondre à l’ouverture du score de Roberto Carlos, le Chilien avait abusé une seconde fois Gianluca Pagliuca. Celui qui fut le gardien de la «Squadra Azzurra» lors de la finale de la Coupe du monde 1994 avoue avoir vécu lors de cette double confrontation contre Lugano «l’un des moments les plus difficiles de ma carrière.»

Si Jose Carrasco fut le héros de cette qualification, le grand homme de cette double confrontation restera Mauro Galvao. Le défenseur brésilien demeure l’un des plus grands joueurs étrangers à avoir évolué en Suisse. Face à l’Inter, il a su admirablement fermer la porte à une attaque emmenée par Maurizio Ganz et par l’Argentin Sebastian Rambert. «Le jour où il a signé chez nous en 1990, on avait de la peine à le croire, se souvient Toni Esposito qui allait être victime au match retour d’une très grave blessure au genou sur un choc avec Gianluca Festa. On a pensé que c’était son frère qui avait été engagé. Mais non c’était bien lui, le défenseur du Brésil lors de la Coupe du monde en Italie…»

«Un mystère presque inexplicable»

Pour Toni Esposito, Mauro Galvao fut l’un des trois plus grands joueurs «avec Kubilay Türkyilmaz et Murat Yakin» avec lequel il a joué. «Ce fut une chance, une bénédiction, de pouvoir évoluer à ses côtés pendant six ans, souligne l’ancien international. Il aurait exercé le même rayonnement dans un grand championnat. Dans mon esprit, il n’y a aucun doute! Le voir rester en Suisse pendant six ans est un mystère presque inexplicable.»

Mauro Galvao et le FC Lugano ne sont toutefois pas parvenus à enchaîner après cette victoire historique de San Siro. Les Tessinois étaient éliminés au deuxième tour par le Slavia Prague (0-1 et 1-2) avant de se retrouver à jouer le maintien dans le tour de promotion/relégation. Même si Lugano devait sauver sa place, le président Helios Jermini retirait à la fin de la saison la responsabilité de la première équipe pour la confier à Michel Pont.

Le futur entraîneur-assistant de l’équipe de Suisse devait être démis de ses fonctions au sortir de l’hiver. Quant au président, on devait le retrouver mort dans sa voiture au fond du Lac de Lugano en mars 2002. La thèse du suicide fut retenue pour ce dirigeant dont la gestion sulfureuse avait précipité le club vers la faillite.