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Les infirmiers de blocs reprochent à leurs employeur de ne pas les équiper systématiquement de masques FFP2.AFP

Les infirmiers de blocs opératoires portent plainte contre 32 hôpitaux pour "mise en danger de la vie d'autrui"

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Après les avoir mis en demeure, un collectif d'infirmiers de blocs opératoires porte plainte contre les directions des 32 hôpitaux de France pour "mise en danger de la vie d'autrui". En cause, le manque de masques FFP2. 

À l'heure du "Ségur" de la santé, le collectif Inter-blocs, regroupant des infirmiers travaillant en blocs opératoires, a décidé de déposer plainte contre l'ensemble des directions des 32 CHU de France. Parmi eux, les centres hospitaliers de Toulouse, Montpellier ou encore Perpignan, ainsi que les AP-HP.

Le 12 mai, ils avaient mis en demeure une trentaine de ces établissements, qui ne leur avaient pas répondu. Pour les activités chirurgicales, ils leur reprochent de ne pas les équiper systématiquement de masques FFP2 sur leur lieu de travail. Ces masques sont considérés comme les plus protecteurs, notamment contre les risques de transmission du coronavirus par l’air. 

"Ce sera au juge de trancher si les hôpitaux doivent équiper les infirmiers de bloc opératoire en masques FFP2, dans la lumière notamment des obligations dont ils sont débiteurs selon les dispositions du Code du travail, explique l'avocat des plaignants, Me Fabrice Di Vizio. Chaque jour sans masques est un jour perdu. Un jour où les professionnels de santé ne sont pas protégés aussi bien qu'ils le pourraient. Ces risques sont inutiles, et dangereux, cela doit cesser immédiatement."

Tout au long de l'épidémie, les masques FFP2 ont en effet été rationnés et réservés pour les seules interventions à risque dans de nombreux hôpitaux. Les infirmiers se retrouvent parfois au bloc opératoire avec de simples masques chirurgicaux qui, selon eux,  "ne (les) protègent pas de la possibilité d'être contaminés par le Covid-19. On se met en danger et on met aussi en danger les patients que l'on prend en charge, car on peut se contaminer puis les contaminer eux".

Les "mardis de la colère" continuent

Le collectif Inter-blocs participe également aux "mardis de la colère", qui sont organisés chaque semaine, depuis le début du déconfinement, pour faire entendre les revendications des professionnels de la santé. Les syndicats de santé, des associations et certains partis politiques, tels que la France Insoumise, organisent plusieurs actions symboliques ce mardi, 14h à Toulouse. Ils rendront un hommage aux morts et aux malades du Covid-19 sur les sites du CHU. Une grosse mobilisation nationale est par ailleurs prévue le 16 juin. 

"Le drame sanitaire, social, politique et écologique que nous traversons n’a pas seulement comme origine une pandémie mondiale… Mais bien la destruction de notre système de Santé, de Sécurité Sociale et d’Action Sociale, expliquent-ils dans un communiqué. Le gouvernement n’a pas écouté la grande mobilisation du monde de la Santé, des Ehpad, du secteur médico-social et de la Psychiatrie antérieure à la pandémie et doit payer ses innombrables manquements."

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