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Jan Jambon, ministre-président flamand - News

Gestion de la crise du coronavirus: quand la Flandre veut imposer son rythme...

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Les prises de décisions sont de moins en moins conditionnées à la tenue d’un Conseil national de Sécurité. Et, dans cette nouvelle dynamique, c’est la Flandre qui a le crachoir !

Au début de la crise, le schéma était clair : le Conseil national de Sécurité (CNS) se réunissait et les décisions étaient annoncées par la Première ministre. On avait pris le rythme, attendant à chaque fois ce rendez-vous en espérant pouvoir profiter de nouveaux avantages ou, au moins, avoir des perspectives pour les semaines à venir. Un rythme qui a complètement été cassé ces derniers temps. Avec une impression : la Flandre demande, la Flandre annonce et seulement ensuite, le fédéral confirme. Un sentiment que nous avons soumis à différents politologues pour récolter leurs avis. Le constat est le même partout : quelque chose a effectivement changé…

Prenons l’exemple des résidences secondaires. Le 18 mai, la Flandre demande la levée de l’interdiction tandis que, du côté wallon, on demande « des perspectives ». Un discours beaucoup plus feutré, alors que les propriétaires sont demandeurs d’une telle décision, tant au Nord qu’au Sud. Deux jours plus tard, la décision est prise. Là encore, la communication vient de Flandre, et plus précisément du ministre-président Jan Jambon.

Pareil pour les camps d’été : c’est encore une fois un ministre flamand, Benjamin Dalle, qui a eu la main sur la communication. Aujourd’hui, c’est au tour de l’enseignement d’enregistrer son lot de déclarations : la Flandre demande la réouverture de toutes les classes maternelles et primaires. Mais contrairement aux précédentes sorties pour lesquelles on peut imaginer l’existence d’un consensus entre les régions, cette dernière demande a fait bondir le ministre-président Pierre-Yves Jeholet. « Ça m’irrite un peu de vouloir mettre ainsi le CNS devant le fait accompli », a-t-il affirmé.

La Flandre dicterait-elle ses volontés ?

>>> Les politologues Dave Sinardet, Pierre Verjans et Pierre Vercauteren nous donnent leur analyse  : « Si un ministre flamand annonce quelque chose et qu’une grande majorité est contente, le ministre wallon qui irait par exemple en sens inverse deviendrait le valet noir »

>>> « Les impatiences se font sentir. La Flandre souhaite retourner à une vie économique normale » : détails dans nos éditions digitales.