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Dès le mois de septembre 2009 (ici face à Perpignan), après seulement une poignée de matchs, Morgan Parra se comporte comme un chef de meute. © CAMPAGNONI Francis

Les 10 ans du Brennus de l'ASM : Morgan Parra, adopté d'entrée

À 20 ans, Morgan Parra a réussi l’année du titre à relever le double challenge de faire oublier le très populaire Pierre Mignoni et de prendre le leadership sur un pack de vieux grognards qui l’ont rapidement adoubé.

Avec 11 joueurs sur le départ et 7 en approche (plus Gavin Williams, arrivé un mois après le début de saison), l’été 2009 n’était pas sans danger pour un club traumatisé par sa troisième défaite consécutive en finale du Top 14. Vécu avec angoisse par un grand nombre de supporters, c’est surtout le départ annoncé de Pierre Mignoni qui mettait du flou autour du devenir clermontois.

Le choix du Toulonnais de rentrer au bercail (RCT) avait poussé les dirigeants de l’époque à taper fort en termes de recrutement. En attirant dans ses filets Morgan Parra, le tout jeune (et grand) espoir français au poste de demi de mêlée, Clermont faisait le pari de l’avenir et envoyait également un signal fort à la concurrence.
Aurélien Rougerie, capitaine et leader de l’époque, se souvient. « Le jeune Parra?? Il a amené son insouciance alors que ce n’était pas forcément facile de passer derrière Pierre Mignoni. Il ne s’est pas posé de question et son intégration s’est faite naturellement. De toute façon, on a rapidement vu que c’était un joueur qui savait garder la tête froide. Dans la prise de décision, il agissait, même à 20 ans, comme un mec qui avait de la bouteille ».

"Il n'a que 20 ans, mai son dirait un vieux briscard"

Le soir de sa première titularisation, le 22 août 2009 (face à Montauban), voilà ce que déclarait son partenaire Anthony Floch : « Il est serein, il parle beaucoup et rassure. Il n’a que 20 ans, mais on dirait un vieux briscard. De toute façon, en recrutant un joueur comme ça, tu ne te trompes pas, c’est une bonne pioche », disait sur un ton laudateur le numéro 15 de l’ASM.
En cette saison qui devait finir en apothéose, l’arrivée de Morgan Parra a donc été un élément déclencheur. Assez vite, il fit oublier son populaire prédécesseur, même si les débuts ne furent pas forcément euphoriques. Il lui a fallu naturellement quelques rencontres pour prendre ses marques.
Après un passage bénéfique en équipe de France (tests de novembre), le demi de mêlée se révéla notamment en décembre et la venue des Tigers de Leicester en Coupe d’Europe. Ce jour-là, il réalisa la prestation de standing que le public attendait.

Autorité naturelle

Quant au pack clermontois, il adhéra sans ciller à son autorité naturelle. « Le terrain avait été travaillé, se marre aujourd’hui Rougerie. Il connaissait pas mal de joueurs chez nous, il y avait la fratrie de la Berjallie pour le prendre sous son aile ». Autour des Julien Pierre et Julien Bonnaire, le jeune Parra trouva les lieutenants et les appuis qui allaient en faire un patron respecté.
Morgan Parra restera donc la recrue phare de la saison du premier titre de champion. Lionel Faure, revenu dans le club qui l’avait lancé près de 10 ans auparavant, fit parti des satisfactions même s’il ne figura pas sur la feuille de match de la finale.
Attendu avec envie et curiosité, l’Écossais polyvalent (2e et 3e ligne) Jason White démarra très bien sa nouvelle aventure à Clermont avant de se blesser pour les cinq derniers mois de l’exercice. Ce fut plus décevant pour le talonneur Willie Wepener et le demi de mêlée Kevin Senio. En plus du nécessaire temps d’acclimatation à digérer, ces deux-là durent faire face à une terrible concurrence, celle des Ledesma et Parra notamment.

Christophe Buron