«Mamour», le Malamute qui a goûté à la vie sauvage pendant 4 mois

En Belgique, les chiens vagabonds ont disparu et ceux qui fuguent sont vite cueillis pour être placés dans un refuge. Et pourtant…

Un chien peut-il vivre à l’état sauvage pendant plus de quatre mois dans notre pays? Il semble que oui. C’est en tout cas ce que vient de prouver Mamour, un imposant Malamute de deux ans et demi. Pendant que les humains se confinaient, le jeune chien goûtait à une rare liberté.

L’animal de 30 kilos se fait connaître en février, via des photos floues partagées sur les réseaux sociaux et des groupes spécialisés. Il est aperçu à Estinnes, près de la frontière française, à Ham-sur-Heure, dans la région de Binche et Anderlues. Les vagabondages du Malamute interpellent de nombreux internautes, dont trois bénévoles de la SPA de La Louvière qui vont suivre ses traces et tenter de le retrouver.

Céline, Sabrina et Joëlle vont définir le périmètre de vie du chien sur une carte. Et il est large: il est vu sur une zone de plus de 45 km2. Les recherches se sont donc d’abord focalisées sur ses «cantines», là où le chien trouve sa nourriture. Quelques témoignages en apprennent un peu plus aux enquêtrices sur ses habitudes, avant la première rencontre.

Du steak pour apprivoiser la bête

C’est dans un champ d’Anderlues qu’il est finalement aperçu au loin, reconnu grâce à son collier rouge. Des riverains lui laissent de la nourriture, mais n’ont jamais pu l’approcher. La SPA louviéroise installe une large cage-piège à cet endroit et un autre connu du chien, mais ce dernier est malin et ne se fait pas attraper.

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SPA La Louvière C’est en chatouillant son estomac que les bénévoles finiront par amadouer le gros toutou: steaks, poulets… attirent le chien qui sort de sa cachette et s’approche de plus en plus des bénévoles, jusqu’à leur manger dans la main. Baptisé «Mamour», il fait des siestes à proximité de celles-ci, mais pour autant, elles n’osent rien tenter pour l’attraper, de peur de ruiner des heures de mise en confiance.

Les rendez-vous sont devenus quotidiens et Mamour se laisse doucement caresser par le trio. Finalement, quand les filles décident de mettre fin à la cavale, il accepte très gentiment d’accompagner les bénévoles au refuge, sans montrer une once d’agressivité.

Pucé, le chien est identifié, mais personne ne le réclame durant les 10 jours impartis par la loi pour qu’un propriétaire puisse récupérer son chien. Les recherches pour rentrer en contact avec lui n’aboutissent à aucun résultat probant, renvoyant à des téléphone ou adresse obsolètes.

Après avoir été délaissé par ses maîtres et livré à lui-même dans la nature, Mamour devient un des nombreux protégés de la SPA La Louvière. Mais pas pour longtemps: l’histoire a ému et le jeune Malamute est déjà réservé par une famille prête à lui offrir un nouveau foyer, au jardin bien clôturé.

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