Prêt de 5 milliards d'euros : Renault cède face à l'Etat

Le gouvernement doit présenter son plan de soutien au secteur automobile cette semaine. Renault a d'ores et déjà accepté les conditions de l'État pour se voir octroyer un prêt très attendu et rejoint donc "l'alliance des batteries électriques".


La situation financière de Renault est loin d'être au beau fixe. Et depuis quelques jours, le constructeur automobile était sous pression du gouvernement auprès de qui il sollicite un prêt pour faire face à la crise actuelle. Il a donc cédé face aux exigences de l'État afin de décrocher ces cinq milliards d'euros. Selon les informations d'Europe 1, Renault a donc décidé de rejoindre "l'alliance des batteries électriques". Alliance qui tient à coeur à Bruno Le Maire et à laquelle participent déjà deux autres poids lourds de l'industrie française : Total et PSA.

Cette alliance devrait être présentée plus longuement lors de la prise de parole d'Emmanuel Macron, mardi 26 mai, qui annoncera un plan de soutien à la filière automobile. Mais derrière les projecteurs, le ministre de l'Économie avait, semble-t-il été très clair avec Renault : s'il refusait d'intégrer cette alliance, alors le ministre ne signerait pas l'accord de prêt. "C'est rare d'avoir des leviers pour obtenir des choses, on compte bien cette fois s'en servir", se murmurait-il dans les couloirs du ministère de l'Économie, selon Europe 1.

Au pied du mur

Le patron de Bercy souhaite que le constructeur automobile devienne plus efficace et que, pour cela, il "réorganise sa chaîne de production en France et dans le monde". Au regard de la situation actuelle, Renault n'avait de toute façon pas vraiment d'autre choix et peut difficilement se passer de l'aide de l'État français. Et ce, même si l'entreprise n'était à la base pas favorable à rejoindre ce type d'alliance car elle ne souhaitait pas devoir traiter avec les mêmes fournisseurs que PSA, l'un de ses principaux concurrents.

Pour Bruno Le Maire, la situation actuelle du constructeur automobile est, dans son malheur, une aubaine : comme le souligne la radio, la France a accumulé un retard important dans l'élaboration de batteries électriques par rapport à d'autres pays. Or, le gouvernement souhaite combler rapidement ce retard, d'où sa volonté de mettre sur pied cette fameuse alliance et de voir Renault y contribuer. "C'est une question de souveraineté nationale", selon Bercy. L'alliance devrait d'ailleurs permettre de créer des milliers d'emplois.