5.000 téléconsultations au CHR de la Citadelle: la télémédecine au secours des patients en période Covid-19

La consultation médicale par vidéoconférence dans la lutte contre le coronavirus a connu un boom. En deux mois, 5.000 téléconsultations ont été comptabilisées au CHR de la Citadelle, à Liège.

Avec la pandémie de coronavirus, le domaine de la santé a dû s’adapter, en utilisant encore davantage les nouvelles technologies pour venir en aide aux patients.

Les consultations vidéo par écran interposé ont connu un réel succès dans les hôpitaux, comme en attestent les chiffres comptabilisés par le CHR de la Citadelle, à Liège. Plus de 5.000 téléconsultations ont ainsi eu lieu entre mi-mars et mi-mai, ne coûtant rien aux patients. Une alternative en pleine épidémie pour assurer le suivi et la prise en charge des patients.

«Au CHR de la Citadelle, nous utilisions la télémédecine depuis longtemps», confirme Pierre Troisfontaines, chef de service de cardiologie. «Notamment par le biais de la télécardiologie, qui permet un suivi à distance de certains patients (les insuffisants cardiaques et les patients porteurs de stimulateurs cardiaques (AICD, CRT-D et CRT-P), de capteurs de pression CardioMEMS®) transmettant les informations à l’hôpital via diverses technologies de pointe et des plateformes sécurisées telle que celle de Comunicare®. Cela fut primordial durant cette crise, car ces patients cardiaques fragiles doivent absolument être suivis régulièrement.» Un programme de revalidation cardiaque à distance a également été développé durant cette crise. Actuellement, plus de 250 patients sont suivis régulièrement dans le service de cardiologie par une équipe pluridisciplinaire dédiée.

La clinique du sommeil a, elle, démultiplié les consultations à distance. Si bon nombre de personnes étaient déjà suivies avant la crise pour troubles du sommeil, les confinement, télétravail et autre mise au chômage économique ont provoqué de nouvelles situations de stress. «Dans pareille situation, les troubles psychologiques s’additionnent, l’anxiété grandit et la personne se retrouve dans un cercle vicieux qu’il faut casser», explique Laetitia Beaudeaux, psychologue spécialiste des troubles du sommeil. «La téléconsultation devient même un atout pour nous, car le patient nous «reçoit» chez lui, détendu, et le dialogue est d’autant plus constructif. Nous lui demandons de consigner dans un carnet de notes différentes observations que nous analysons ensuite ensemble. La présence physique n’est donc pas nécessaire à tout moment.»

Quid de la réouverture des consultations, entamée début mai? Ce qui signifie une moindre utilisation de la télémédecine? «C’est plutôt l’inverse», sourit Pierre Troisfontaines. «Nous savons que l’hôpital de demain sera ambulatoire, avec des séjours plus courts mais un suivi rapproché. Le patient et la sécurité sociale auront tout à y gagner. Toutefois, pour que la télémédecine progresse en Belgique, il faut poursuivre la démarche entamée durant cette Pandémie. Il est impératif de structurer la pratique, l’encadrer juridiquement, financièrement voire éthiquement. L’e-health ne se résume pas à des applications sur une montre: c’est un outil au service de la prise en charge des patients, un moyen et non une finalité.»