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Une femme pour prendre la suite du cardinal Barbarin à l’archevêché de Lyon? — PASCAL PAVANI / AFP

Une femme « candidate » à l’archevêché de Lyon

Anne Soupa a annoncé qu’elle se portait candidate à l’archevêché de Lyon et espère ainsi provoquer une « prise de conscience » face à « l’invisibilité » des femmes dans l’Eglise catholique

Ça n’arrivera pas, mais c’est le geste qui compte. Ce lundi, Anne Soupa, 74 ans, a annoncé qu’elle était candidate pour devenir la nouvelle archevêque (archevêquesse ?) de Lyon. Si la place est officiellement vacante depuis la démission du cardinal Philippe Barbarin en mars, la nomination à ce poste ne se fait pourtant pas par candidature. C’est le pape qui choisit parmi des noms qui lui sont proposés par le Nonce apostolique à Paris, ambassadeur du Saint-Siège.

Mais par cette démarche, elle entend surtout bousculer les codes et espère provoquer « une prise de conscience qu’un autre visage de l’Eglise est possible » alors qu’aujourd’hui « aucune femme » ne dirige de diocèse, n’est prêtre ou diacre.

Elle invite les femmes « bridées » à « candidater partout où elles se sentent appelées »

« Je vais envoyer (au Nonce à Paris) une profession de foi, un programme pour Lyon, une biographie et un communiqué de presse », a déclaré la bibliste, qui a fondé en 2009 la Conférence catholique des baptisés francophones, un mouvement réformateur qui revendique plusieurs milliers d’adhérents. Dans sa profession de foi, elle invite les femmes « bridées » à « candidater partout où elles se sentent appelées ».

Anne Soupa n’exerce pas comme religieuse mais revendique un travail de terrain « depuis plus de 35 ans ». Elle préside notamment le Comité de la jupe, qui milite depuis 2008 pour une juste reconnaissance des femmes au sein de l’Eglise. Elle est également favorable à un autre type de gouvernance de l’Eglise, où les laïcs auraient un rôle. « Au moment où l’Eglise est dans une crise très profonde, il faut se mettre un autre schéma dans la tête », a-t-elle affirmé.

« L’Eglise reste déchirée, prisonnière de ce cléricalisme »

Pourquoi Lyon ? La Parisienne, qui a vécu quatre ans à Lyon, souligne les abus « très graves » longtemps étouffés par le diocèse, en référence à l’affaire Preynat, du nom de l’ancien prêtre reconnu coupable pour agressions sexuelles sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991, mais qui a fait appel. « L’Eglise reste déchirée, prisonnière de ce cléricalisme », a affirmé Anne Soupa qui veut voir dans sa candidature « une main tendue » pour une certaine modernisation.

Cette affaire, qui a éclaté en 2015, a éclaboussé toute la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin. Condamné l’an dernier pour ses silences sur l’affaire, le prélat a été relaxé en appel mais a démissionné de ses fonctions d’archevêque de Lyon.

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