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Christian Galley

«Lettre ouverte à mes doutes», l’air du temps de Loïc Marchand

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Quoi que nous fassions, ils seront toujours là. Planqués. Quelque part. Nous les détestons autant que nous les aimons. Ce sont nos doutes. Découvrez la chronique «Air du temps» de Loïc Marchand.

Chers doutes,

Vous m’emmerdez. Mais qu’est-ce que je vous aime.

Ce n’est quand même pas croyable. En 25 ans de vie commune, nous n’avons pas été fichus de construire des fondations solides. Notre relation ressemble davantage à un château de cartes qu’à une forteresse inviolable. Il me semble pourtant que les couples «normaux», eux, acquièrent certaines certitudes avec le temps.

Force est de constater que ça ne marche pas comme ça pour nous. Quoi que je fasse, vous trouverez toujours quelque chose sur lequel mettre le doigt. J’admire votre créativité autant que je la déteste. Vous êtes le rocher et je suis Sisyphe.

Vous souvenez-vous de notre voyage en Angleterre? Est-ce que vous vous rappelez de la météo locale, capable d’offrir aux Britanniques les quatre saisons en l’espace d’une journée? Eh bien c’est exactement ce que je ressens avec vous chaque jour.

Malgré tout ça, je ne vous échangerais contre rien au monde. Vous et moi, c’est comme le vent et le cycliste: vous êtes mes meilleurs ennemis. J’aime vous haïr.

Même si j’ai parfois l’impression que vous prenez un malin plaisir à me ralentir, je ne serais certainement pas la personne que je suis sans vous. «Avançons aussi vite que possible et aussi lentement…» Mais, au fait, dites-moi: est-ce que c’est vous qui avez filé l’idée de la phrase à Alain Berset? Jolie trouvaille en tout cas.

Vous êtes mes garde-fous. Vous me poussez à faire ressortir le meilleur en moi. Vous m’avez offert le plus beau des cadeaux: la capacité à me remettre en question. Sans aucun doute le meilleur vaccin face à la maladie dite «du vieux con».

Prenez soin de vous.