Ce qui a convaincu le gouvernement

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La possibilité d’arrimer troisième lien et tramway, et ainsi de constituer un puissant incitatif à utiliser le transport en commun, a finalement convaincu le gouvernement du Québec de privilégier un tracé central.

À la fin de juin, le ministre des Transports, François Bonnardel, avait annoncé que le tracé privilégié par le gouvernement se trouvait dans l’est. Il avait également mentionné qu’à la suite de propositions mises de l’avant par des groupes de citoyens, un tracé central, reliant les deux centres-villes, serait aussi étudié par le Bureau de projet du tunnel Québec-Lévis. Une étude complémentaire du tracé central a ainsi été présentée, en novembre, au ministre Bonnardel, qui a vite été convaincu. Contrairement au tracé dans l’est, il était possible de connecter le lien avec le Réseau structurant de transport de Québec (RSTQ) et aussi d’assurer l’interconnexion avec Lévis.

M. Bonnardel a adoré le projet, me dit-on, parce qu’il permettait de faire en sorte que la dimension du transport collectif devienne prédominante. Le bureau du premier ministre François Legault aussi.

Ainsi, on a constaté qu’il n’y aurait plus aucune raison, pour une personne demeurant à Lévis et travaillant sur la colline Parlementaire et dans Saint-Roch, ou une autre demeurant à Québec et travaillant dans le secteur Desjardins, de continuer à utiliser sa voiture.

Le transport en commun deviendra alléchant, pense le gouvernement, en évitant le casse-tête et les coûts associés au déplacement et au stationnement.

Puis, le tracé dans l’est, dont les coûts étaient comparables, présentait également des problèmes au niveau environnemental. Un empiétement dans le fleuve Saint-Laurent de plusieurs dizaines de mètres était en effet nécessaire, ce qui était problématique. Le tracé passait aussi dans une zone considérée essentielle pour le bar rayé, espèce de poissons considérée en voie de disparition au Canada.

Pas de délais

Le maire Labeaume a insisté, mercredi, sur le fait que le bureau de projet du RSTQ avait un agenda et souhaitait aller de l’avant comme prévu. Tant la Ville que le gouvernement travaillent maintenant dans le but d’éviter absolument que des délais supplémentaires ne soient imposés.

La Ville de Québec devrait donc pouvoir aller de l’avant selon l’échéancier prévu, et effectuer son appel de qualification. De son côté, Lévis devra revoir son projet de voies réservées de manière à tenir compte du fait que le rabattement ne s’effectuera plus à la tête des ponts, mais plutôt du côté du pôle Desjardins, qui devra être mieux desservi.

Quant au ministère des Transports, il devrait être en mesure de présenter le projet de façon formelle d’ici un mois et demi. D’ici là, plusieurs questions restent en suspens. Il faudra voir ce qu’en pensent les experts.

On travaille notamment à préciser les coûts globaux, mais aussi les coûts de connexion avec le réseau structurant de Québec, qui seront intégrés dans le projet de troisième lien. Quant à la carte du tracé dévoilée hier, il s’agit d’un document de travail qui sera fignolé d’ici la présentation, vers la fin de mars.