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Lowe et Tennant ne sont pas là pour rigoler. Juste pour danser un peu. PHOTO PELLE CRÉPIN

Pet Shop Boys et sa pop so british… et tellement internationale

Bientôt quarantenaire, l’un des duos les plus flamboyants et atypiques de la pop anglaise continue son chemin en sortant un quatorzième album, à la fois toujours aussi synthétique et plein de finesse.

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Des boss toujours verts après toutes ces années à survivre aux multiples modes, courants et autres tendances…

Il y a les groupes à géométrie variable qui évoluent au gré des humeurs et envies, et puis il y a ceux qui ne changent jamais. U2 fonctionne en quatuor depuis quarante ans. Pet Shop Boys, en duo tout aussi inamovible, depuis aussi longtemps. Neil Tennant continue de chanter la mélancolie et les mœurs de son milieu à grand renfort de bpm (battements par minute). Derrière lui, son acolyte scotché aux claviers avec un chapeau sur la tête, souvent trop grand. Une stabilité qui permet de sortir un quatorzième album, produit par Stuart Price (Madonna, Scissor Sisters, New Order…), pour la troisième fois consécutive.

Pourtant, l’époque de l’euro-dance à grandes rasades de synthé paraît aujourd’hui bien loin. Voire désuète. Mais toujours aussi malicieux et fins observateurs de la société. Tennant et Lowe parviennent à sortir de petites perles hors de l’époque musicalement, mais bien dans l’air du temps. Exercice d’équilibre particulièrement maîtrisé sur Happy People et sa house vitaminée, Monkey Business, ou Will-O-The-Wisp, réminiscence du Relax de Franky Goes to Hollywood. Burning The Heather, single envoyé en éclaireur de l’album, s’appuie sur les rares guitares du disque et tranche avec la tonalité globale, plutôt up-tempo, à l’image de Dreamland avec son intro tonitruante.

Les deux sexagénaires poursuivent leur carrière dans la jungle électro-pop en confirmant qu’ils en sont de vrais patrons. Des boss toujours verts après toutes ces années à survivre aux multiples modes, courants et autres tendances qu’ils ont souvent devancés. Complètement décomplexés (depuis longtemps à vrai dire), le duo termine l’album sur Wedding In Berlin, fiesta couleur Ibiza qui avale, digère et recrache la marche nuptiale de Mendelssohn. Osé, mais ça passe toujours. Du Pet Shop Boys, quoi.

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